Origines du village de Lapugnoy dans le Pas de Calais
Autrefois connu comme Ecques-en-Pugnoy dans le Comté d'Artois.

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Source: Journal La Voix du Nord
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Il était une fois, un petit village appelé « Ecques »

    A l’époque des Gaulois, les potiers s'étaient installés dans la vallée de la Clarence.
    Autrefois, on venait au monde dans un village et l'on y poussait son dernier soupir sans jamais l'avoir quitté un seul instant. Sauf, peut-être, pour faire ses Classes, quand on était un homme... Forcément, on avait sa commune dans la peau et l'on en connaissait l'histoire sur le bout des doigts. Aujourd'hui, la quête d'un travail amène les populations à migrer, surtout les jeunes, et peu à peu les noms des familles qui ont fait l'histoire des petites communes disparaissent des registres.. Au fil des ans, la mémoire se perd et seuls quelques «anciens» peuvent encore se souvenir...
    Des trouvailles archéologiques faites dans le village, sur les hauteurs nord, viennent confirmer la présence de quelques habitants à l'Age de pierre. Lorsque les légions romaines de Jules César entreprirent la conquête de la Gaule, elles délaissèrent ce coin-là en raison de l'aspect inhospitalier des lieux : en effet, marécages et forêts ne favorisaient guère les manoeuvres des troupes d'occupation. C'est pourquoi aujourd'hui, au sud de la Clarence, aucun nom de village ne se termine en «ghem» ou en «hem» (qui signifien(lieu» en langue saxonne).
    A cette époque, Lapugnoy s'appelait «Ecques», et la vallée de la Clarence servait de limite entre la Morinie au nord, et le pays des Atrébates au sud. La Clarence non endiguée alimentait les marais depuis le Fond de Marles jusqu'au Bas-Pays, formant ainsi une frontière naturelle. Au nord s'étendait la forêt d'Allone, d'où le nom du village d'Allouagne que les anciens appelaient encore au début du siècle «Alloyne», en patois. . Le village s'étendait sur la rive gauche, côté Morinie. Village de potiers, il se situait autour du cimetière actuel, sur le flanc du coteau. Le mot «Ecques», en langue saxonne, veut dire «chênes» et c'est autour de la Verte place, lieu-dit derrière le cimetière, que l'on trouve les plus beaux chênes de la région, par leur vigueur et leur densité.
    Des fours mis à jour
    La proximité de bois de qualité, ainsi que la présence à volonté de glaise, matière première indispensable, avaient certainement incité cette implantation de potiers. Il y a une vingtaine d'années de cela, l'instituteur, M. Lancial, a d'ailleurs mis à jour des fours très anciens dans cette partie du village. L'eau était fournie par des sources abondantes et rarement taries.
    Quant à la vallée de la Clarence, son nom viendrait de Jules César qui se serait exclamé en passant un gué à Calonne : "aqua clara." (eau claire). Le lit de la rivière était en effet formé d'alluvions de marne, ce qui faisait ressortir la clarté de l'eau.
    Quant à l'origine du mot «Lapugnoy », on pense qu'elle remonte à une bataille entre les troupes du comte de Flandres, Baudoin IV, et celles de son fils révolté, au XIe siècle. On parla alors de «Ecques-la-bataille», en latin «Ecques-en-pugna». En 1791, des textes parlent de «La Pugnoy». D'Ecques, il ne reste aujourd'hui que le nom d'un quartier...
    Plusieurs chateaux se situaient à Lapugnoy : celui du Mont-Eventé, dont il ne reste que quelques vestiges dans l'enceinte de la ferme située à l'extrémité ouest du village, près de Lozinghem, celui du Mont-Sorel, dont il n'y a plus trace. Mais aussi de ceux de La Vasserie et du Metz. L'église, fut construite en 1865, pour un coût de 40 000 F, et le nom du premier baptisé : Auguste Jourdain. C'est d'ailleurs un Du Hays qui avait donné le terrain pour bâtir la future église, après avoir récupéré le choeur de l'ancienne, située au cimetière, pour y construire une chapelle que l'on admire encore aujourd'hui.

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